Projet: Casque audio

Introduction

 

Si innover était auparavant un atout certain pour une entreprise, cela constitue aujourd’hui une nécessité dans le monde entrepreneurial en permettant aux entreprises d’affirmer leurs positions sur un marché et ainsi rester compétitives.

Innover, c’est par définition introduire quelque chose de nouveau dans un système, soit en le créant entièrement, soit en améliorant un processus ou système déjà existant.

Bien qu’elle nécessite des moyens financiers et matériels pour aboutir, une innovation repose surtout sur le développement d’une idée, ou d’un concept. Etre créatif est donc une qualité aujourd’hui recherchée en entreprise et de nombreuses méthodes sont développées dans le but de guider cette créativité vers une idée réalisable.

Parmi ces méthodes, on retrouve la méthode TRIZ. C’est en utilisant cette méthode que l’INSA de Rouen nous propose aujourd’hui d’innover autour d’un objet massivement utilisé dans notre société : le casque audio.

Dans ce présent rapport, nous réaliserons un descriptif du casque audio afin de comprendre son contexte et ses perspectives d’évolution. Puis, après avoir fait un bref historique sur la méthode TRIZ, nous l’appliquerons à notre objet d’étude pour en dégager des idées innovantes qui lui seraient applicables dans un proche futur.

 

Histoire du casque audio

 

Le casque audio, beaucoup de personne l’utilise pour sa qualité toujours meilleure et son confort de plus en plus appréciable, ce qui permet de profiter de ses musiques préférées pendant de longues heures. Mais par quelles innovations sommes nous passer pour arriver au casque audio actuel et aussi quelle en est son origine ? C’est ce que nous allons découvrir dans cette partie.

 

La naissance du caque audio

 

C’est à Nathaniel Baldwin que l’on associe la naissance du casque audio. En 1919, grand fan de Thomas Edison et avec l’aide de son esprit inventif, il réalisa le premier prototype du caque moderne que l’on connaît de nos jours.

Il proposa son invention à l’armée navale américaine qui fut très intéressée.

 

De l’invention à la production

 

Il faut attendre 1937 pour que la société Allemande Beyerdynamic conçoive et produise la premier casque dynamique du marché, le DT-48 (toujours produit de nos jours). Le caque était encore assez rudimentaire pour ce qui est de l’armature. Si l’on regarde de plus près, tous les éléments du casque actuel sont présents dans ce premier modèle.

La marque autrichienne AKG profite des troubles en Allemagne de l’après guerre pour sortir son propre casque audio, le K120. Cette marque perdure toujours de nos jours.

 

L’américanisation du casque audio

 

Il ne fallait pas compter sur les Etats-Unis pour rester en retrait longtemps par rapport à la mine d’or que représente cette nouvelle technologie. C’est John C. Koss qui fut le premier en 1958 à commercialiser le premier casque audio stéréo, le SP-3. Ce fut une grande avancée car il permettait de pouvoir apprécier pleinement la qualité des disques stéréo chez soi. Ce fut le début d’une belle période de succès pour la marque Koss.

 

Une technologie qui évolue au Japon

 

En 1959, est présenté à Tokyo par la société japonaise Stax Industries Ltd un casque d’une technologie nouvelle, le casque électrostatique. Le premier casque commercialisé de ce genre fut l’ESP-6 distribué à partir de 1968 par l’entreprise américaine Koss mentionnée précédemment, toujours leader de son marché.

Le casque prend ici du volume car il devient progressivement plus sophistiqué et riche en composants électroniques.

 

L’arrivée de Sony dans le monde du casque audio

 

Jusqu’à lors, l’utilisation du casque audio se limitait aux chaînes hi-fi, ce qui limite donc son utilisation au domicile. La révolution de Sony porte sur le fait d’écouter sa musique partout on l’on va.

En effet, en 1979 il sort son célèbre Walkman, un concentré d’innovation. Ce dernier permettait d’emmener sa musique partout avec soi, la problématique était de miniaturiser le plus possible le casque pour en faciliter le transport.

 

Depuis cet événement, le mot d’ordre du développement du casque audio des années 80 fut « le casque doit être le plus léger possible ». C’est à ce moment donc que l’on voit apparaître des petites oreillettes recouvertes de mousse pour le confort pour remplacer les membranes ecombrantes des casques existants. L’oreille n’est alors plus entièrement recouverte.

C’est dans cette voie de miniaturisation, de confort et de transportabilité que l’on voit apparaître à grande échelle chez Apple en 2001 les écouteurs audios. Ce fut malgré tout au détriment de la qualité de son que nous procure le casque audio.

 

Le casque audio de nos jours, bien plus qu’une invention

 

En effet, les grandes marques de nos jours l’ont bien compris, le casque audio ne doit plus forcément se faire discret. C’est également un objet de mode qui doit pouvoir s’accorder au style et à la personnalité de chacun. Il prend donc du volume et se revoit prendre des formes qui lui son plus originelles. Au passage, ceci profite à la qualité du son par un gros travail qui est réalisé sur sur les composants électroniques ainsi que sur la qualité du confort du casque en lui même. Le développement du casque audio prend donc un tournant : il n’est plus seulement l’accessoire d’un lecteur de musique mais bien un produit à part entière dans lequel le public est près à mettre le prix pour en faire l’acquisition.

Cette nouvelle tendance a permis une importante hausse de la demande sur le marché, ce qui a engendré l’apparition de nombreuses dont certaines très connues à l’heure actuelle comme Marshall, Beats, etc.

 

Présentation de la méthode TRIZ

La méthode TRIZ fut inventée par Genrich Altshuller dans les années 40. Il développa sa théorie à partir de recherches effectuées sur des inventeurs. Lors de ces interrogations, il remarqua que ces inventeurs avaient tous en commun des manières de réfléchir et d'agir lors de l'innovation. Il partit donc de ces bases communes pour créer un outil qui aiderait n’importe qui à innover.

Cette méthode est définit selon deux axes qui permettent l'évolution de systèmes techniques. Le premier axe stipule que l'évolution des systèmes est assujettie à neuf lois qui sont là pour répondre aux questions auxquelles nous devons répondre lors de l'innovation. En effet, ces lois permettent de connaître l'état de maturité de notre système. De plus, chaque loi apporte un axe d'évolution du système. Par exemple, l'idéalité du casque serait un dispositif immatériel tel qu'une bulle diffusant le son uniquement à son utilisateur. A partir de ces lois, nous savons comment faire évoluer le système. Ces lois sont : l'intégralité des parties, la conductibilité énergétique, l'harmonisation, l'idéalité, le développement inégal, la transition au super-système, la transition vers le micro-niveau, la dynamisation et pour finir l'accroissement substances-champ.

Le deuxième axe propose de mettre la problématique à résoudre sous forme de contradictions. Par exemple pour notre projet, nous voulons que les coussinets soient confortables et isolant mais d'un autre côté cela pourrait augmenter le coût des matériaux coussinets et diminuer la sécurité de l'utilisateur. La résolution de ces contradictions permet ainsi d'innover. Cependant il ne faut pas faire de compromis entre chaque contradiction sinon on ne cherche pas l'idéalité du produit.

G. Atschuller a aussi classé les inventions selon différents niveaux d'inventivité :

        • 1er niveau : solution la plus apparente : on a besoin d'une seule personne pour avoir la solution ;

        • 2ème niveau : amélioration mineure : il faut la connaissance d'une entreprise pour avoir la solution ;

        • 3ème niveau : amélioration majeure : il faut la connaissance d'une usine pour avoir la solution ;

        • 4ème niveau : nouveau concept : il faut la connaissance d'un laboratoire de recherche pour avoir la solution ;

        • 5ème niveau : découverte : pour ce dernier niveau il faut créer une connaissance.

Le premier niveau est le seul qui ne correspond pas à la résolution de contradictions. De même, plus le niveau d'inventivité augmente plus on s'éloigne du domaine d'origine du système.

La TRIZ met à disposition des outils d'innovation comme le logiciel STEPS. La première étape du logiciel est de remplir la loi d'intégralité des parties. Ensuite, nous remplissons l'analyse multi-écran, nous mettons l'évolution de chaque loi c'est à dire une note sur une échelle de 1 à 5 et écrivons les différentes contradictions observées.

Analyse multi-écrans

L'analyse multi-écrans permet de situer l'objet, écran du milieu, dans un contexte spatial et temporel. Temporel car on regarde le passé, présent et on étudie le futur de l'objet. Et spatial car nous étudions et listons tous les éléments contribuant à la vie de l'objet. Ces éléments sont appelés super-systèmes qui sont situés sur les écrans du haut. Enfin, les écrans du bas appelés sous-systèmes correspondent aux parties principales de l'objet qui sont nécessaires à l'accomplissement de la fonction écouter de la musique n'importe où.

Nous avons tout d'abord rempli le passé de l'analyse.

Pour les super-systèmes, le casque interagit sur l'air car les ondes acoustiques s'y propagent et sur le système auditif de l'Homme car il fait vibrer le tympan.

Pour les sous-systèmes, nous avons listé six parties du casque qui sont principales. Il y a l'arceau métallique rigide qui permet de faire la liaison avec les adaptateurs oreille. La membrane qui vibre et créer des ondes pour ainsi transmettre la musique à l'oreille. Le fil fait lien entre le casque et le walkman à travers la prise jack et permet de transférer la musique du walkman au casque.

Par la suite, le présent fut rempli.

Pour les super-systèmes, nous retrouvons l'air et le système auditif de l'Homme. Mais nous y ajoutons la poussière, le soleil et l'humidité qui vont avoir une action sur le casque. Ces paramètres vont par exemple endommager les coussinets. Nous précisons que le casque n'est pas seulement destiné aux adultes mais aussi aux enfants.

Pour les sous-systèmes, le walkman est remplacé par le système multimédia. L'arceau devient flexible et on utilise un nouveau matériau composite qui est plus léger mais tout aussi résistant. On peut maintenant transmettre la musique du système multimédia au casque non seulement par fil mais aussi par Bluetooth ce qui peut faciliter l'écoute. Nous retrouvons les membranes et la prise jack. Nous avons aussi le système auditif.

Nous devons maintenant faire l’inventaire des points positifs et négatifs de l’innovation présent par rapport au passé.

Pour les sous-systèmes, nous avons listé cinq paramètres qui sont :

  • confort : point positif car le confort des coussinets s'est amélioré ;

  • poids : point positif ;

  • visuel : point positif car les casques actuels sont plus esthétique ;

  • durée de vie : point négatif car ce point n'a pas été amélioré ;

  • non articulable : point positif car cette fonction a été rajouté.

Pour les super-systèmes, nous avons listé deux paramètres qui sont :

  • Bruits extérieurs non atténués : point positif car dans le passé le casque n'atténuait pas du tout les bruits environnants ;

  • Trop d'atténuation des bruits extérieurs = manque de sécurité : point négatif car du fait de l'ajout de la fonction d'atténuation on a diminuer la sécurité.

Enfin, nous avons mis les problèmes du casque futur. Les buts à atteindre pour le casque futur sont :

  • un casque le plus léger possible : matériau ;

  • un casque le plus résistant possible : matériau ;

  • Un casque le plus confortable possible : confort, poids, coussinets à mémoire de forme ;

  • Un casque le moins encombrant possible : arceau adaptable, arceau dématérialisé, arceau rétractable intégralement ;

  • Un casque le moins cher possible : coût.

Les super-systèmes seraient encore une fois le système auditif de l'Homme mais aussi un étui de rangement pour sécuriser le transport de l'objet.

Pour les sous-systèmes, nous avons défini plusieurs éléments qui pourraient répondre aux buts que nous avons fixé pour le futur :

  • Prévoir des matériaux légers, autonettoyants mais résistants ;

  • Adaptabilité physique : faire des coussinets à mémoire de forme ;

  • Élargir le spectre des fréquences audibles ;

  • Réduire la taille du casque ;

  • Améliorer la transportabilité et l'articulation ;

  • Prévoir une étanchéité à l'eau et aux poussières ;

  • Adaptation contextuelle : atténuation des bruits extérieurs selon la situation ;

  • Adaptabilité de préférences : amélioration du design et personnalisation.

 

Les 9 lois d’évolution

Dans un but de constante évolution, il arrive un moment dans la vie d'un produit où il est nécessaire de rechercher une solution ingénieuse pour innover. C'est à ce moment que des questions se posent, par exemple : « Quels problèmes ne sont pas encore résolus avec le produit actuel ? », « Quels sont les freins à un tel problème qui nuisent à son évolution ? »

Les 9 lois de l'innovation correspondent aux différentes pistes de raisonnement qui se présentent à celui qui innove dans le but de faire évoluer un produit. Elles seront définies et accompagnées d'une note sur 5. Cette note est basée sur la concertation et la réflexion du groupe et ne fait en aucun cas référence à des sources. Plus celle-ci est faible, moins nous considérons la loi respectée et par conséquent, plus nous y voyons de potentiel d'amélioration avant d'atteindre le respect total de la loi.

 

Loi 1 : Intégralité des parties: 4/5

La première loi représente une première vue de l'objet, dans une approche orientée système. Cette loi répond à la question : « Est-ce que l'ensemble du produit peut s'apparenter à un système qui effectue correctement sa Fonction Principale Utile (FPU) ? »

Un système est défini par 4 parties, auquel s'ajoutent une source d'alimentation : un Moteur, La Transmission, le Travail et le Contrôle.

Dans le cas du casque audio, les 4 parties sont globalement bien définies :

- Le Moteur correspond au lieu de branchement du casque (l'appareil multimédia), qui fournit l'énergie électrique.

- La Transmission s'effectue par le câble, et envoie le signal électrique vers le contrôleur.

- Le Travail est effectué par les enceintes, qui délivrent le signal sous forme de vibrations qui sont perçus en son pour l'oreille humaine.

- Le Contrôle est fait par l'utilisateur, qui peut ainsi augmenter ou diminuer le volume. Toutefois, il existe des casque équipés de limiteurs, qui limite les dangers d'une écoute prolongée trop intense.

 

Loi 2 : Conductibilité énergétique : 4/5

La deuxième loi d'évolution nous propose de réfléchir quant à l'énergie consommée par le produit, et si une telle consommation d'énergie est justifiable pour satisfaire sa FPU.

Le casque audio n'a pas besoin d'une alimentation supplémentaire pour fonctionner. Il n'a besoin que de l'énergie fournie par l'appareil multimédia pour fonctionner, et possède une consommation d'énergie négligeable par rapport à l'appareil multimédia sur lequel il est connecté.

 

Loi 3 : Harmonisation : 2/5

La troisième loi d'évolution s'intéresse à l'ergonomie du système dans le but de réaliser sa FPU. Les nouveaux casques possèdent des enceintes de meilleure qualité que leurs prédécesseurs, mais aucune innovation majeure ne prévoit une retransmission parfaite du fichier sonore vers l'oreille de l'utilisateur, et ainsi, mieux satisfaire sa FPU.

 

Loi 4 : Idéalité :1/5

La quatrième loi peut s'apparenter à un rapport entre la somme des performances et la somme des dépenses. Pour améliorer un produit en vue de cette loi, nous pouvons soit augmenter le premier, soit diminuer le second. Une idéalité parfaite correspond à l'absence de casque audio physique et impliquerait que chaque utilisateur ait accès à un fond sonore personnalisé. La contrainte mécanique empêche cela. L'objet restant massif, du fait de son arceau et de sa structure de plus en plus complexe, ce qui augmente d'autant le dénominateur.

 

Loi 5 : Développement inégal : 4/5

La cinquième loi concentre son étude sur un constituant du système particulier, dont l'avance ou (plus souvent) le retard technologique par rapport aux autres composants freine son innovation. Le casque audio se développe de manière uniforme, et aucun composant ne semble freiner l'évolution du produit.

 

Loi 6 : Transition au super-système : 5/5

La sixième loi concerne les systèmes en fin de vie, qui pourraient être absorbés par un autre système et ainsi réaliser sa FPU sous une autre forme. Nous pouvons citer comme exemple trivial mais très parlant l'agenda, complètement supplanté par le smartphone, et son application prévue à cet effet.

Le casque audio n'étant pas en fin de vie, et n'ayant pas vraiment de possibilité d'être « absorbé » par un autre système, nous avons mis la note de 5.

 

Loi 7 : Transition vers le micro-niveau : 0/5

La septième loi exprime la possibilité (ou non) de faire évoluer le système dans le sens suivant : solide → liquide → gaz (champ) → plasma.

Notre casque audio est composé de constituants intégralement solides, ce qui entraîne un niveau de maturité selon cette loi insatisfaisant.

 

Loi 8 : Dynamisation : 3/5

La huitième et avant-dernière loi se concentre sur la flexibilité du système, afin de s'adapter aux besoins de l'utilisateur. Dans le cas du casque audio, le composant le plus encombrant, l'arceau, a tout intérêt à être rigide. Cela étant, il peut se plier de manière astucieuse afin de se ranger plus facilement.

 

Loi 9 : Accroissement substance-champ : 3/5

La neuvième et dernière loi fait appel au phénomène inverse de la loi 6 : le système peut-il remplir d'autres FPU, par absorption d'autres systèmes ? Du fait de sa conception actuelle, il est peu probable qu'un casque puisse effectuer d'autres FPU. Toutefois, il offre de nombreuses possibilités d'introduction de fonctionnalités supplémentaires (par exemple, un projecteur holographique montrant la chanson, sa durée et éventuellement les paroles).

L’image ci dessous représente, en bleu, le diagramme des 9 lois appliquées sur le casque audio.

Choix des Paramètres d’Action (PA) et des Paramètres d’Evaluation (PE)

 

Tout d’abord, nous allons rappeler les définitions des deux termes importants de cette partie à savoir définir ce que sont les PA et les PE.

Lorsqu’on résout un problème inventif, nous définissons toutes les parties composant notre système et nous avons évalué le degré d’évolution de ce dernier par rapport aux neuf lois vues précédemment. Ensuite, avant d’effectuer la résolution de notre problème, nous devons construire les matrices de poly-contradictions. Ces matrices consistent en des matrices carrées qui montrent l’évolution de certains paramètres en fonction de l’évolution d’autres. Ces deux types de paramètres sont bien distincts et sont nommés paramètres d’action et d’évaluation. Les paramètres d’action caractérisent l’évolution d’un paramètre qui agit sur une des parties du système.

Dans notre cas, nous avons défini quatre paramètres d’action qui sont :

  • le matériau utilisé pour la fabrication des coussinets qui agit sur les coussinets et qui prend deux états confortable et rudimentaire ;

  • le volume occupé par le casque qui agit sur le système entier et qui prend deux états ergonomique et volumineux ;

  • le matériau utilisé pour la fabrication de la structure du casque qui prend deux états rare et commun ;

  • le niveau de développement des composants électroniques qui prend deux états haute qualité et qualité standard.

Ensuite, les paramètres qui évaluent le comportement de l’évolution d’un PA. Ces paramètres sont nommés paramètres d’évaluation. Précisément, ces paramètres définissent les éléments qui sont affectés par l’évolution d’un PA.

Dans notre cas, nous en possédons onze :

  • le confort physique du casque ;

  • la durée de vie du casque ;

  • le poids ;

  • le design ;

  • le fait que le casque soit articulé ;

  • l’atténuation des bruits extérieurs ;

  • la sécurité de l’utilisateur ;

  • la restitution du son ;

  • le confort audio ;

  • le coût ;

  • l’étanchéité du casque à l’humidité.

De ces PA qui peuvent prendre deux états différents et les PE qui évaluent l’évolution positivement ou non d’un PA sur le casque, nous obtenons quatre matrices de contradictions.

Voici la première :


 

Sur celle-ci nous pouvons voir que si le matériau des coussinets évolue vers son état confortable alors certains PE évoluent de manière positive comme le confort physique, l’atténuation de bruits extérieurs et l’étanchéité, alors que d’autres PE voient perdre en efficience comme la durée de vie, le coût et la sécurité de l’utilsateur car trop attenuant. Si le PA évolue vers l’état rudimentaire, les PE qui évoluaient positivement le font négativement et inversement pour les autres.

Nous présentons brièvement les autres matrices :


Ici, si le casque est ergonomique alors le poids, le fait qui soit articulé et le design se voient améliorés alors que la durée de vie, elle, diminue. Et inversement si le casque est volumineux.

Dans cette matrice, nous voyons que si le matériau de structure est innovant alors le confort physique, la durée de vie et le poids sont améliorés au détriment du coût. Et inversement, si le matériau est commun.


Dans cette matrice, nous pouvons constater que si les composants électroniques sont de haute qualité alors la restitution du son est bonne ainsi que le confort audio. C’est l’inverse, si les composants sont de qualité standard.

 

Contradictions retenues et solutions envisagées

A partir de la réflexion précédemment menée, nous avons pu retenir trois contradictions intéressantes sur le casque audio. Ces contradictions n’étant pas résolues aujourd’hui, nous proposerons alors des idées de solutions qui pourraient permettre de les résoudre.

 

  • Contradiction n°1

La première contradiction affecte le confort du port du casque.

Le casque doit être fabriqué dans une matière résistante permettant à l’utilisateur d’évoluer avec son casque dans un milieu humide, froid, sec et soumis à la corrosion (par la sueur). Cette matière doit toutefois coûter peu chère afin que le prix du casque reste abordable.

A cette contradiction, nous pouvons envisager la solution complexe suivante :

La solution à une telle contradiction serait alors l’utilisation d’un matériau galvanisé. On pourrait alors créer un matériau étanche, qui renfermerait une résistance électrique et un anti-transpirant. L’étanchéité du matériau assurerait sa préservation contre la pluie et l’anti-transpirant. L’anti-transpirant assurerait la préservation du matériau contre la sueur. La résistance quant à elle, permettrait de chauffer le casque par effet joule lors de son utilisation pour éviter au matériau de subir des chocs thermiques dus au froid en hiver.

L’utilisation d’un unique matériau pour la structure du casque permettrait à ce dernier d’être homogène et donc probablement moins cher en fabrication puisqu’il n’utiliserait, non pas 4 ou 5 types de chaînes de production mais qu’un seul qui pourrait être optimisé pour fonctionner à plein régime et ainsi obtenir un coût plus faible (économie d’échelle).

Ceci serait en lien direct avec les principes inventifs proposés par la méthode TRIZ qui sont pour cette contradiction :

- n°15 : dynamisme

- n°11 : prévention

- n°35 : changement de paramètre physique et chimique d’un objet.

Cette solution permettrait alors de renforcer la loi d’Harmonisation puisque le casque pourrait alors s’adapter à tout type d’environnement dans lequel l’utilisateur serait amené à évoluer.

Cette solution reste complexe puisqu’elle nécessiterait à l’entreprise d’effectuer plus de recherches sur la mise au point du matériau, de reconvertir ces lignes de production et le coût de fabrication des premiers casques serait donc élevé jusqu’à ce que les investissements effectués soient amortis. Par la suite, les casques seraient moins chères et leur performance égale. La contradiction serait levée.
 

  • Contradiction n°2

La deuxième contradiction étudiée affecte le confort auditif du casque.

Les composants électroniques du casque doivent permettre de restituer le son avec une qualité la plus fidèle possible à l’utilisateur tout en s’assurant d’un coût le plus faible possible du composant.

A cette contradiction, nous pouvons envisager la solution assez complexe suivante :

La solution technique possible serait de rendre les éléments internes du casque réglables par l’utilisateur (plus de basse…) directement sur le casque. On pourrait alors implanter ce dispositif dans tous les casques au lieu de réaliser une gamme de casques appropriés à chaque type d’écoute.

Comme précédemment cela permettrait d’harmoniser les chaînes de production en entreprise et de les optimiser de manière à réduire le coût de production du casque tout en étant plus fiable. Enfin fabriquer un produit et non plusieurs permettrait soit, de réduire le coût budgétaire consacré au marketing, soit de le reconcentrer sur un seul produit ce qui serait donc plus efficace en termes de gain pour l’entreprise et donc de coût.

Ceci serait en lien direct avec les principes inventifs proposés par la méthode TRIZ qui sont pour cette contradiction :

- n°11 : prévention

- n°28 : la reconception

- n°34 : le rejet et la régénération des parties

Cette solution technique pourrait alors permettre d’améliorer la loi d’harmonisation du casque puisque cette première permettrait à l’utilisateur d’adapter le casque à son écoute.

La complexité de cette solution est similaire à celle de la contradiction 1 pour l’entreprise.

  • Contradiction n°3

Enfin la dernière contradiction, la plus intéressante pour nous, est une contradiction liée au confort et à la sécurité de l’utilisateur.

Les coussinets du casque doivent être isolants du bruit extérieur de manière à ce que l’utilisateur puisse écouter pleinement sa musique sans être perturbé par les bruits extérieurs. Ces coussinets doivent néanmoins être les moins isolants possible de manière à ce que l’utilisateur puisse entendre des indices de danger du milieu dans lequel il évolue.

A cette contradiction, nous pouvons envisager la solution simple suivante :

La solution technique possible serait constituée d’un processeur, d’un capteur auditif et d’un vibreur. Dès lors qu’un bruit se rapprochant de l’individu est détecté par le capteur, le signal issu du capteur est traité par un processeur qui permet de faire vibrer légèrement les oreilles de l’individu pour l’avertir du danger approchant. On pourrait alors penser à créer un système encore plus intelligent qui, en fonction de la fréquence du bruit détecté, pourrait reconnaître s’il s’agit d’une voiture par exemple et ainsi émettre des vibrations propres au danger détecté.

Cette contradiction peut donc rapidement devenir une opportunité puisqu’elle ne nécessite pas de recherches supplémentaires et que l’entreprise dispose normalement de ce type de ressource.

Ceci serait en lien direct avec les principes inventifs proposés par la méthode TRIZ qui sont pour cette contradiction :

- n°35 : changement de paramètre physique et chimique d’un objet.

- n°10 : l’action préalable

- n°2 : l’extraction

Cette solution technique pourrait permettre d’améliorer la loi 9 d’amélioration des substances champs.

Toutefois, ceci rentrerait en conflit avec les lois de miniaturisation et d’idéalisation qui cherchent à miniaturiser le système ou à le dématérialiser alors qu’on rajouterait des éléments qui ne le sont pas.

Conclusion

Pour conclure ce projet, nous pouvons dire que ce dernier nous a permis de faire face à la résolution de problèmes inventifs en utilisant une méthode très répandue à savoir la méthode TRIZ. Cette méthode nous étant inconnue auparavant, elle nous a permis de découvrir l’innovation d’un autre point de vue. En effet, il ne faut partir avec des idées pré-conçue sur le système étudié. De plus, pour obtenir une solution innovante de niveau satisfaisant, il ne faut absolument pas se poser de barrières quant aux idées qui peuvent surgir pour améliorer le système. De cette manière les idées les plus intéressantes et les plus novatrices peuvent être émises sans prendre en compte par exemple le critère de coût qui peut être un frein à l’innovation. Mais, lors du choix de nos contradictions à étudier dans le projet, nous en avons tout de même ressorti deux qui sont en rapport avec le prix car elles nous paraissaient importantes. Toutes fois, les solutions envisagées pour résoudre ces contradictions relèvent généralement plus du procédé de fabrication que d’une amélioration du casque lui-même. En revanche, la dernière contradiction étudiée est celle qui nous a paru la plus pertinente car elle était purement technologique. Ne nécessitant pas de recherche au niveau de l’entreprise elle devient donc facilement réalisable.


 

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